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Interview • Elodie Frégé
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Elodie Frégé nous a livré un superbe album qu’elle réédite avec deux titres inédits, pour notre plus grand plaisir. C’était l’occasion pour SPY de la rencontrer et de revenir sur son jeune et beau parcours ...
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Comment s’est passée votre rencontre avec Benjamin Biolay ?On s’est rencontré de façon anodine en 2005, lors d’un concert de Florent Marchet. Il avait invité plusieurs artistes à jouer et chanter avec lui pour sa dernière. Parmi ceux-ci se trouvait Benjamin.En allant féliciter l’artiste, je l’ai croisé dans les coulisses et nous avons commencé à discuter. Personnellement, j’étais un peu réticente à cette rencontre par ce que j’avais entendu du personnage et ce que j’avais pu en voir dans les interviews télévisées. J’avais peur de me faire démolir tout de suite. Au final, c’est moi qui avait les plus gros à priori. Il a été directement très gentil et sans jugements par rapport à l’émission à laquelle j’avais participé. |
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Vous aimiez l’artiste avant de le rencontrer ?J’aimais écouter "Rose Kennedy". C’est un album que je trouve magnifique et je prends encore beaucoup de plaisir à le réécouter. C’est d’ailleurs de cela que nous avons parlé lors de notre première rencontre. |
Dans la réédition de votre album "Le jeu des sept erreurs", on retrouve deux titres inédits. Pouvez-vous nous en dire davantage ?Il s’agit de deux titres que je joue en concert. Le premier "Mon sourire à l’envers" est une des premières chansons que j’ai écrite et composée à la fois. Ce titre vient du fait qu’une copine, qui n’est d’ailleurs plus une copine (rires), m’a dit que j’avais le sourire à l’envers en raison de ma bouche qui tombe. J’ai trouvé ça drôle. Quelques temps plus tard j’ai donc écrit cette chanson sur les apparences, sur les masques que l’on se met quand ça ne va pas. Lorsque l’on souhaiterait cacher cela à ses proches. Le second titre, "Paris", a été écrit avec une autre amie, qui l’est toujours elle (rire) ! Un soir, nous étions un peu paumée à minuit au café de Flore. On a commencé a rigoler et écrire sous les dessous de verres : "Devant un chocolat chaud, à minuit au café de Flore, ...". On a continué à écrire tout autour de lieux à Paris. Cette chanson parle également d’amour, de personnes qui se perdent dans les rues, la nuit, à Paris. |
Justement, connaissez-vous bien Paris ?Je ne suis pas de Paris à la base, je suis Bourguignonne. Ce qui est intéressant c’est de toujours découvrir, il y a des tas d’endroits que je ne connais pas encore. Je m’adapte très bien à la vie parisienne et aux gens. |
Qu’en est-il de Bruxelles ?Je connais uniquement par le biais des promos et des concerts que j’y ai fait. Je sais que c’est très beau car je m’y suis promenée dès que j’avais un peu de temps entre les promos. C’est une ville très accueillante, une ville d’ouverture sur plein de civilisations, de langues et de cultures. Ce qui fait que les gens y sont très ouverts. |
Avez-vous suivi toutes les étapes de la création de cet album ?Oui ! Et heureusement car pour le premier je n’avais pas pu le faire.Pour "Le jeu des sept erreurs", j’ai participé aux enregistrements des instruments. J’y ai également joué de la guitare grâce à Benjamin qui m’y a poussé. Pour le premier, je n’avais fait que douze jours d’enregistrement de voix. Et ça n’a rien à voir avec quatre mois de studio. |
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Vous avez écrit beaucoup de titres sur cet album. Sont-ils autobiographiques ?En fait, je pars souvent d’une idée ou d’un jeu de mots comme "douce transe, cher pays de mes errances". Ensuite, ça peut correspondre à un état dans lequel je me suis mis. Dans ce cas, oui, sur certains titres ça peut être autobiographique. D’autres chansons ne le sont pas du tout et partent plutôt de l’observation de quelqu’un. |
On vous sent plus sereine et plus subtile dans l’interprétation de vos textes ...Dans le premier album je m’étais forcée à faire "chanteuse à voix" alors que je ne le suis pas. Je préfère chanter dans la subtilité. Plus on crie, moins les gens vous écoutent et moins ils écoutent vos textes surtout. Dans ce dernier album, les textes sont très importants et je voulais les mettre en avant. J’ai donc préféré les interpréter de façon plus naturelle. |
Pour vos clips, vous choisissez à chaque fois des personnes de talents. Est-ce une volonté personnelle?J’aime les clips qui sortent de l’ordinaire. Pour moi, le clip de "La ceinture", réalisé par Jaco Van Dormael, est parfait. Je crois que c’est un des plus beaux clips que j’ai fait. Il a compris ce que je voulais. C’est simple et, en même temps, il y a un message, indéfinissable dans la chanson, qui se définit à travers le clip. Il a un sens de l’esthétique très développé et très travaillé de par son métier de réalisateur. Je préfère lorsque c’est un réalisateur de cinéma qui fait un clip que lorsque c’est un "clipper", une personne qui fait des clips à tire larigot. J’aime que la chanson soit portée par le clip et que tous les deux soient travaillés comme des oeuvres d’art. La chanson correspond à une nouvelle ; le clip, à un court-métrage. Pour le clip de "La ceinture", après en avoir parlé avec Jaco, j’ai mis le scénario par écrit, c’était une première pour moi. Jaco était très satisfait de mon travail. |
Vous connaissiez le travail de Jaco Van Dormael ?Oui, j’ai vu plusieurs de ses films, notamment "Le huitième jour". Il a une manière très subtile de parler de choses en général très douloureuses à exprimer. Je suis moi-même très pudique dans mes textes, je parle en images plutôt que de traiter les sujets de façon plus "cash", comme pour mes clips. |
Avez-vous senti un changement dans l’accueil de votre premier album, considéré plus comme produit, et ce denier, plus personnel ?Premièrement, les journalistes me l’ont bien fait ressentir. Je n’ai pratiquement eu que de bonnes critiques pour cet album. Deuxièmement, le public a très bien réagi et a aimé ce côté plus personnel où je me livre. Lors des concerts, je sens que des personnes sont venues plus par curiosité. Celles-ci viennent me voir à la fin pour me féliciter et c’est à ce moment que je me rends compte que mes chansons touchent des personnes qui, à la base, ne me connaissent pas. |
Avez-vous des rêves ou des ambitions pour la suite de votre carrière ?Plutôt des ambitions. J’aimerais jouer d’autres instruments ne serait ce que pour composer différemment, pouvoir m’évader un peu plus de l’aspect technique de la guitare classique. J’aimerais aussi pouvoir réaliser entièrement mon album, en donner la direction. |
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Etes-vous tentée par le cinéma ?Oui, beaucoup. J’ai déjà reçu des projets de théâtre, de cinéma et même de séries. Un agent qui voulait s’occuper de moi. J’étais tellement à fond dans la réalisation du deuxième album que j’ai préféré laisser tout cela de côté. Je pratique plusieurs formes d’art, j’aime écrire, dessiner, peindre, danser. Je pense pouvoir trouver beaucoup de plaisir à incarner un personnage. |
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Avez-vous des regrets ou des remords ?En général, je ne regrette pas grand-chose. Je me dis que si je l’ai fait, c’est que je l’ai senti. Ca m’a certainement permis d’avancer et m’éloigner de certaines choses. |
Travaillez-vous déjà sur un nouvel album ?Je continue à composer et écrire. J’ai déjà quelques chansons. J’aimerais retravailler avec quelqu’un d’aussi bien que Benjamin. J’ai envie de prendre mon temps et de reculer le moment où la maison de disque va me dire "Tu nous proposes quoi pour le prochain ?" |
Qu’écoutez-vous en ce moment ?J’écoute justement beaucoup le dernier album de Benjamin Biolay Trash YéYé. J’écoute également Baby Shambles, j’aime beaucoup Pete Doherty. |
Y a-t-il un artiste avec lequel vous aimeriez faire un duo ?Peut-être David Bowie… Seulement, pour moi, le comble du ringard, ce sont les gens qui font des duos français/langue étrangère. En français, j’aurais aimé faire un duo avec Léo Ferré ou Barbara. |
On sent l’influence de Gainsbourg sur votre albumJe l’ai beaucoup écouté grâce à mes parents. Benjamin, lui, est beaucoup plus imbibé que moi. Je pense qu’on aime tous les deux ce son. |
Si, le temps d’une journée, vous étiez un espion, que feriez-vous ?Par rapport à la musique, j’aimerais voir Paul MC Cartney composer. |
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Par Nicolas Delys - Photos: Shoky Van Der Horst |
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